Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Le régime sioniste cherche, selon plusieurs observateurs, à transformer les cerfs-volants utilisés par les enfants de Gaza en nouveau prétexte pour maintenir la tension et justifier la poursuite de ses opérations militaires dans la bande de Gaza.
Plus d’un an après l’accord de cessez-le-feu à Gaza et malgré l’annonce d’une prétendue feuille de route destinée à en assurer la mise en œuvre, le régime sioniste n’aurait pas respecté plusieurs de ses engagements et aurait continué à violer l’accord sous différentes formes.
Dans ce contexte, l’apparition de cerfs-volants lancés par des enfants palestiniens est devenue un nouvel élément exploité par les responsables sionistes pour présenter la situation comme une menace sécuritaire.
Les autorités du régime sioniste ont notamment affirmé, sans présenter de preuves publiques permettant d’étayer ces accusations, que certains cerfs-volants pourraient être incendiaires ou transporter des explosifs. Ces déclarations ont été accompagnées d’une importante couverture médiatique autour de ce qui a été présenté comme le « terrorisme des cerfs-volants ».
Le ministre de la Guerre du régime sioniste, Israël Katz, a ainsi convoqué le chef d’état-major Eyal Zamir pour une réunion consacrée à ce sujet après qu’un cerf-volant lancé depuis la bande de Gaza eut atterri dans les territoires occupés.
Des médias sionistes ont également affirmé qu’une dizaine de cerfs-volants non explosés seraient tombés au cours d’une semaine dans des localités proches de Gaza.
Netanyahu a, de son côté, comparé les cerfs-volants de Gaza aux drones transportant des explosifs utilisés dans différents conflits. Tenant une maquette d’un avion de combat F-35, il a affirmé que des objets difficiles à détecter et potentiellement armés pouvaient constituer une menace.
Le Premier ministre du régime sioniste a également déclaré avoir donné des instructions aux forces militaires et aux services de sécurité pour agir contre ce qu’il a présenté comme une « arme mortelle », notamment en ciblant ses auteurs et les lieux depuis lesquels elle serait lancée.
Ces déclarations interviennent alors que la situation sur le terrain à Gaza connaît une nouvelle aggravation. Après une période de calme relatif, les attaques militaires se sont intensifiées dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza.
Des bombardements et des attaques de drones ont notamment été signalés à proximité de la « ligne jaune », tandis que des zones résidentielles de Deir al-Balah et des tentes de déplacés à Khan Younès ont également été visées.
Un entrepôt commercial à al-Zawaida, dans le centre de la bande de Gaza, ainsi qu’une école utilisée comme refuge dans le nord ont également été pris pour cible. Une installation de production de carburant industriel dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi aurait par ailleurs été bombardée, faisant un martyr palestinien et plusieurs blessés.
L’un des développements les plus préoccupants concerne le retour aux frappes contre des habitations et des infrastructures civiles et commerciales. À al-Zawaida, des habitants auraient reçu un avertissement d’évacuation concernant un bâtiment commercial entouré de tentes de déplacés, avant qu’un avion de combat ne frappe la zone avec trois missiles, faisant plusieurs victimes parmi les civils.
À Khan Younès, une tente abritant des déplacés a également été bombardée, faisant cinq blessés.
Dans ce contexte, Netanyahu et Katz ont annoncé qu’en l’absence d’arrêt immédiat des lancements de ces prétendus « cerfs-volants incendiaires », l’armée du régime sioniste pourrait commencer des assassinats ciblés contre leurs auteurs et considérer également comme exposées les zones depuis lesquelles ils seraient lancés.
Aucune information indépendante et publique n’a toutefois été présentée pour établir l’existence d’une menace correspondant aux accusations formulées par les responsables sionistes.
Parallèlement, Bassem Naïm, l’un des dirigeants du mouvement Hamas, a indiqué que Jared Kushner, envoyé américain, et d’autres membres de la délégation américaine avaient demandé au mouvement de prendre en considération la « sensibilité » du calendrier de l’accord pour Netanyahu, présenté comme traversant une période politique intérieure délicate.
Alon Ben-David, journaliste militaire du quotidien hébraïque Maariv, a également affirmé que l’establishment militaire sioniste savait que Netanyahu ne souhaitait fermer aucun des fronts ouverts et pourrait chercher à en raviver l’un d’eux, probablement celui de Gaza, afin de perturber ou de reporter les élections.
Selon ce journaliste, cité par des responsables militaires sionistes, l’armée ne souhaiterait toutefois pas coopérer avec Netanyahu pour engager une nouvelle guerre qu’elle considère comme inutile.
Cette situation laisse ainsi la bande de Gaza exposée à une nouvelle escalade, alors que l’application du cessez-le-feu et les perspectives de mise en œuvre de la deuxième phase du plan présenté par Trump restent incertaines.
Pour plusieurs analystes, l’utilisation politique de la question des cerfs-volants s’inscrit dans une stratégie plus large visant à maintenir la pression militaire et à préserver les options du gouvernement sioniste dans un contexte électoral.
Ahmad al-Tanani, écrivain et analyste politique, a déclaré au quotidien al-Akhbar que la priorité de Kushner ne consistait pas réellement à contenir Netanyahu, mais plutôt à préserver l’accord dans son ensemble, sans se concentrer suffisamment sur les questions fondamentales liées à la situation palestinienne.
Il a ajouté que les États-Unis coopéraient de fait avec Netanyahu afin d’empêcher l’effondrement de la feuille de route élaborée par le prétendu « Conseil de la paix », tout en tenant compte des intérêts politiques et des calculs électoraux du Premier ministre du régime sioniste.
Selon cette analyse, l’évaluation du respect du cessez-le-feu par le régime sioniste pourrait ainsi être repoussée jusqu’après les élections, tandis que la population palestinienne continuerait de subir les conséquences de l’escalade.
Dans cette logique, le sang des Palestiniens risque de devenir un instrument des calculs électoraux du régime sioniste, alors que les frappes contre Gaza se poursuivent et que Washington continue d’affirmer vouloir préserver l’accord de cessez-le-feu.
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